L’école maison – une formule d’excellence

Alors que nous revenons d’Ottawa où mon fils de 8 ans a reçu un prix d’histoire de la gouverneure générale du Canada, j’ai trouvé que l’occasion était parfaite pour aborder le sujet de l’école-maison.  Au Québec, ces derniers temps, la scolarisation à domicile a été un peu malmenée dans les médias, en grande partie par les détracteurs du nouveau projet de loi modifiant la Loi sur l’instruction publique.  Notamment, ceux-ci croient que si l’État ne force pas les parents d’école-maison à enseigner la science et l’histoire, ceux-ci ne le feront pas.  Dans la réalité, nous voyons l’inverse.  La grande majorité des parents éducateurs sont consciencieux et se soucient de l’éducation de leurs enfants, et bénéficiant de l’opportunité de l’enseignement individualisé (un à un), poussent souvent l’éducation à un niveau supérieur.  À preuve, avec un projet qu’il a fait au printemps dernier, à l’âge de 7 ans, Isaac a remporté le prix en français du concours d’histoire illustrée du magazine Kayak, qui était ouvert aux élèves de 7 à 14 ans.  Si vous désirez voir son projet sur Jacques Cartier, voici le lien : http://www.histoirecanada.ca/getmedia/26404dd7-6b96-4e2c-85c9-718bded91c0f/Isaac-Landry.pdf.aspx  Le fait d’être scolarisé à domicile lui a permis de mettre beaucoup d’heures sur son projet, d’abord en se familiarisant avec l’histoire en général pour se choisir ensuite un sujet qui l’intéresse, en allant plus en profondeur dans ses recherches (il a d’abord fallu qu’il apprenne à faire des recherches), en utilisant différents supports (livres, vidéos en ligne, sites Internet), en prenant le temps nécessaire pour composer son histoire et pour la mettre en images (ce qui a finalement pris beaucoup plus longtemps que nous ne l’imaginions).  Bref, ce fut un projet de longue haleine durant lequel il a non seulement appris sur l’histoire, mais a aussi développé son caractère (la persévérance, le sens du travail bien fait), sans compter les aptitudes acquises en français et en recherche.  Bref, c’est un des aspects passionnants de l’école-maison : pouvoir se lancer dans un long projet au cours duquel l’enfant développe de multiples compétences, tout en s’amusant.

Les partis de l’opposition et les commissions scolaires auraient souhaités que la nouvelle loi soit encore plus encadrante, bien qu’elle le soit maintenant plus qu’avant.  Or, en réalité les statistiques démontrent qu’une plus grande règlementation des parents éducateurs n’amène pas une meilleure qualité éducationnelle.  Cela tend à être le contraire.  Au début de l’automne, j’ai assisté à une conférence en anglais de Rogers Williams sur comment répondre aux détracteurs de l’école-maison.  Il détaillait toutes ces statistiques qui démontrent en fait que la règlementation n’améliore pas la qualité d’éducation reçue, mais en freine le plein potentiel.  Pour bien saisir tout ça, il faut comprendre l’essence de l’école-maison, ce que le Ministre de l’Éducation actuel semble faire, contrairement aux partis de l’opposition et aux commissions scolaires.  L’école à la maison n’est en rien un duplicata de ce qui se fait dans les écoles, mais une autre voie éducationnelle tout aussi excellente, sinon plus.  Si vous n’en êtes pas convaincus ou que vous désiriez en savoir plus, je vous invite à consulter l’étude du CCHE (Canadian Centre for Home Education) : Quinze ans plus tard : Les adultes canadiens diplômés de l’école-maison.

Si notre année d’école-maison avait été une réplique de l’école publique, nous n’aurions jamais eu le temps de s’investir autant dans le projet d’histoire qui a valu à Isaac de recevoir un prix national des mains d’une ancienne astronaute, maintenant gouverneure générale.

Credit: MCpl Vincent Carbonneau, Rideau Hall, OSGG

Il n’aurait donc pas fait ce magnifique voyage à Ottawa durant lequel il a visité d’excellents musées.

Il n’aurait également pas assisté à la période de questions à la Chambre des communes du Parlement, voyant le Premier Ministre et les autres députés à l’oeuvre et n’aurait certainement pas serré la main au Président de la Chambre avec lequel il s’est aussi entretenu et aurait encore moins eu la chance de visiter le bureau de ce dernier et n’aurait donc pas entendu l’anecdote entourant le portrait de Churchill qui y était accroché.

Il n’aurait pas eu l’occasion d’assister à un gala sur l’histoire où étaient présents des gens aux conversations enrichissantes, n’aurait pas eu l’occasion de s’entretenir et de faire la pose avec notre députée, aussi Ministre du revenu national.

Bien sûr, ce genre de reconnaissance ne fait pas partie de tous les parcours d’école-maison, mais je voulais illustrer ici que l’essence de l’éducation à domicile c’est tellement plus que les manuels scolaires et les cadres bureaucratiques de l’école traditionnelle.  C’est fait d’expériences, de découvertes, de poursuite des passions.  Ça développe l’amour de l’apprentissage, en fait savourer le plaisir, incite au dépassement.  Ça se passe à la maison, mais aussi au musée, à la bibliothèque, dans la nature, dans la communauté.  L’apprentissage se fait également dans les bons livres, dans les documentaires, sur Internet, en discutant, en explorant, en expérimentant.  Voilà pourquoi je crois fermement que l’école-maison est une formule d’excellence.  Que ça attire les honneurs ou que ça se passe dans l’ombre, je crois que cette voie éducationnelle contribue à former d’excellents futurs citoyens.  J’en connais tout plein d’enfants comme Isaac, scolarisés à la maison, qui méritent tout autant que lui de la reconnaissance; des enfants allumés, sociables, vifs d’esprit, passionnés.  Leurs mamans aussi (ainsi que certains papas) méritent les honneurs pour tous les sacrifices déployés au quotidien, dans l’ombre, afin d’éduquer la prochaine génération.  Leurs efforts sont souvent peu reconnus, car notre société valorise les métiers dans lesquels on élève les enfants des autres, mais n’accorde guère d’importance à ceux qui choisissent de faire carrière à la maison, à éduquer leurs propres enfants.  Mais ultimement les honneurs reviennent à Dieu, de qui nous vient toute grâce (tout don, tout talent), qui nous donne le vouloir et le faire, qui nous pousse chaque jour à des standards d’excellence à l’image de sa propre excellence.

Pour cette raison même, faites tous vos efforts afin d’ajouter à votre foi la qualité morale, à la qualité morale la connaissance, à la connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la persévérance, à la persévérance la piété, à la piété l’amitié fraternelle, à l’amitié fraternelle l’amour.  En effet, si ces qualités sont en vous et se développent, elles ne vous laissent pas inactifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ.  (2 Pierre 1, 5-8)

2 réflexions sur “L’école maison – une formule d’excellence

  1. Bonjour Mélanie,
    Merci encore pour ce bel article si édifiant. Oh comme je t’envie ! Quel bonheur de vous « voir » vivre de cette façon. Combien le coeur de Dieu doit se réjouir en vous regardant ! Et le mien aussi. J’aime beaucoup ta façon d’écrire aussi, elle me correspond tout à fait. Que le Seigneur vous bénisse encore et encore pour que vous puissiez continuer à apporter sa lumière dans les ténèbres de ce monde éteint !

    • Merci Aline! Je tente de recréer en français le genre de blogs en anglais qui m’ont tellement inspirés au fil des années. C’est ce genre de blogs qui m’a poussé à vouloir devenir une meilleure épouse et une meilleure mère. J’ai toujours trouvé dommage qu’il y ait très peu de choses du genre en français, alors c’est bien humblement que j’essaie d’avoir un blog similaire.

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