L’ambiance spirituelle

2017-08-03 J’ai décidé d’écrire aujourd’hui sur un sujet plus léger, mais que je trouve important.  Dans ma famille, nous sommes bien sensibles aux ambiances spirituelles.  Le terme n’exprime pas parfaitement ce que je cherche à dire, mais c’est ce qui m’a semblé le plus proche.  Cependant, par ambiances spirituelles, je n’entends pas par là la fabrication d’ambiances émotionnelles qui nous donne une impression parfois artificielle d’intimité avec Dieu.  Ça c’est un tout autre sujet.  Je veux plutôt parler de ce qu’on discerne dans certaines situations, certains lieux ou face à certains divertissements, lorsque avec ou sans raison apparente, notre âme est troublée.

Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. (1 Pierre 5, 8)

Je ne sais pas si le fait qu’on vive en Gaspésie, donc plus à l’écart des grands centres, accentue cette impression en nous.  Je me souviens que lorsque nous avons quitté la ville pour s’établir en région, il y a 13 ans, nous avons beaucoup dormi pendant des semaines.  C’est comme si on devait se remettre du stress de la ville.  Mais à ce moment-là, nous étions éloignés de la foi, donc j’attribue ça davantage à un effet physique que spirituel.  Depuis notre grand déménagement, chaque année nous faisons quelques voyages en ville, et chaque fois nous remarquons les différences marquées des deux milieux (ville et région).  Bien sûr il y a des effets simplement physiques, de différence géographique.  C’est certain que le bord de la mer ou les montagnes gaspésiennes procurent davantage un sentiment de bien-être que les forêts de béton de la ville.  Mais au fil des années, nous avons remarqué que ça va plus loin que ça.  L’ambiance spirituelle générale se modifie.  Un ami à nous comparait ça à l’histoire de la grenouille qu’on met dans un chaudron d’eau froide pour ensuite monter le feu.  Elle ne s’aperçoit pas beaucoup des changements de température jusqu’à finir par cuire.  Or, si elle avait tout de suite approchée l’eau bouillante, elle aurait tenté de fuir.  On se sent parfois comme ça.  Chaque fois qu’on va en ville, on constate les changements.  Au début, on remarquait le stress et le côté plus pressé des gens.  Même que par chez nous, on sait quand quelqu’un est un touriste sur les routes… c’est souvent celui qui nous klaxonne aux lumières parce qu’on ne démarre pas dans la seconde.  Ça nous fait souvent sourire.  Mais bon, nous étions comme ça les 6 premiers mois en Gaspésie.  Nous nous impatientions bien souvent avant de comprendre qu’en région, les gens vivent sur un autre rythme, prennent justement le temps de vivre, d’interagir avec leur communauté, de discuter avec les inconnus.  C’est un côté plus humain que nous avons appris à apprécier.
Plus les années passaient, plus nous constations que la différence des deux milieux allaient bien au-delà du niveau de stress.  On y voit des changements éthiques, moraux.  C’est comme si l’amour des autres se refroidit.  En juin, j’ai passé 3 semaines dans la région de Montréal et bien que j’y étais allée 10 mois auparavant, j’y notais une nette différence.  D’abord, il y a du trafic et des gens pressés même le dimanche matin.  Il n’y a pas une seule fois où je suis sortie avec ma voiture et où je n’ai pas eu à gérer une certaine dose de frustration.  La courtoisie semble s’être envolée et ça devient une jungle du chacun pour soi et ce, jusqu’à en devenir dangereux.  Même ma grand-mère me disait que j’étais trop courtoise sur les routes, que plus personne ne faisait ça.  C’est peut-être dépassé, mais moi je continue de croire à l’éthique et à la courtoisie.  Je trouve triste de voir que de plus en plus, les gens ne sont gentils qu’avec ceux qu’ils connaissent et aiment ou quand ça sert leurs intérêts.
Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment. Si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi agissent de même. Et si vous prêtez à ceux de qui vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi prêtent aux pécheurs, afin de recevoir la pareille. Mais aimez vos ennemis, faites du bien, et prêtez sans rien espérer. Et votre récompense sera grande, et vous serez fils du Très-Haut, car il est bon pour les ingrats et pour les méchants. (Luc 6, 31-35)
Bien au-delà des différences géographiques ou morales, nous avons constaté qu’en ville, notre vie spirituelle est plus ardue.  C’est peut-être le fait qu’on soit en visite ailleurs, car indéniablement, ça affecte notre vie de prière.  C’est peut-être le fait que soudainement plein d’opportunités divertissantes s’offrent à nous et on devient trop occupés pour faire suffisamment de place à Dieu.  Cela étant dit, je ne dénigre pas tout, car en tant que famille scolarisant nos enfants à domicile, nous apprécions énormément les opportunités éducatives qu’offre la ville, que ce soit les musées ou la vie culturelle.  Notre famille est particulièrement fan des musées, de l’histoire, de découvrir de nouveaux lieux.  Nous sommes de nature curieuse.  Je ne cherche donc pas à dénigrer tous ces aspects vivants de la ville, je cherche plutôt à faire une réflexion philosophique sur l’impact spirituel.  Une chose est certaine, chaque fois qu’on part en ville, même si nous étions solides spirituellement au départ, nous revenons avec quelques lacunes.  Et ce, chaque fois, malgré toutes nos bonnes intentions que ça n’arrive pas.
Il y a 2 semaines, mon mari et moi avons voyagé à Québec, car il avait une formation pour son travail.  C’était la semaine des grands voiliers, dans le cadre du 150e du Canada.  La ville était surchargée de monde, le trafic y était intense, les déplacements pénibles et tout ça sous une chaleur et une humidité incroyables.  Bref, toutes ces conditions physiques pouvaient fort bien être la cause de notre agitation intérieure.  Quoiqu’il en soit nous nous sentions troublés, agités.  Il m’est venu la bonne idée de mettre dans l’auto l’album de Fernando Ortega.  Et tout à coup, c’est comme si toute cette agitation, tout ce qui nous entourait devenait extérieur à nous, comme si la douce louange nous reconnectait à Dieu, lequel nous donnait sa profonde paix.  Voici donc un extrait de cet album, je vous le recommande fortement dans le trafic. 🙂  D’abord voici la traduction des paroles : « Toute chair est comme l’herbe.  L’herbe sèche et disparaît.  Toute chair est comme l’herbe.  L’herbe sèche et disparaît.  La gloire de l’homme, comme une fleur, qui flétrit au soleil et tombe. La gloire de l’homme, comme une fleur, qui flétrit au soleil et tombe.  Mais la Parole du Seigneur reste pour toujours.  La Parole du Seigneur reste pour toujours. »
Durant ce même voyage, nous avions décidé de faire une sortie en amoureux, d’aller au restaurant et au cinéma.  Nous avions choisi d’aller voir le film « De père en flic 2 ».  Dans nos souvenirs, on avait trouvé le premier très drôle.  Comme on fait toujours, nous sommes allés voir la bande-annonce pour s’assurer que ça n’avait pas un genre douteux et ça nous semblait bien, comme le premier.  En plus, étant classé général, on se disait que ça serait tout de même approprié.  Bref, on ne s’attendait pas à ce qu’on a vu.  Bien qu’une partie de nous a ri des bons gags, une autre partie était profondément troublée de l’aspect sexuel très cru du langage et de certaines scènes.  Bref, c’est avec un sentiment poisseux qu’on est ressorti du cinéma, l’impression d’avoir l’âme salie.  Je n’arrive pas à croire qu’ils ont classé ce film général.  C’est un bon exemple de l’influence que la pornographie a sur notre société, ça dénature complètement la sexualité et l’idée que les gens en ont.  Nous avons eu beau prier, ça nous a pris 3 jours avant que cette impression sale nous quitte, comme si ça a laissé quelques jours des effets sur notre âme.
Je ne mettrai rien de mauvais devant mes yeux. Je hais la conduite des pécheurs. Elle ne s’attachera point à moi. (Psaumes 101, 3)
Détourne mes yeux de la vue des choses vaines, fais-moi vivre dans ta voie! (Psaumes 119, 37)
Parfois, on peut avoir tendance à prendre le divertissement à la légère, sans réaliser qu’il a un impact sur nous et sur notre condition spirituelle.  Un autre exemple qui me vient à l’esprit est la musique.  Ça fait environ 8 ans que mon mari et moi avons décidé pour notre famille de bannir la musique non chrétienne et même encore là, on fait un tri.  Nous sentions que pour nous c’était plus facile que de constamment se questionner si telle ou telle musique était appropriée ou pas.  Depuis, j’en ai très rarement écouté, juste quand ça m’était imposé dans les places publiques.  Or, prochainement nous partons en vacances avec un couple non chrétien que nous côtoyons, tous dans la même mini-fourgonnette.  Ne voulant pas faire toute la route sans musique et trouvant injuste qu’on n’écoute que de la musique chrétienne, ils m’ont demandé de faire un compromis.  Ils m’ont donc remis il y a quelques jours, une clé usb sur laquelle ils ont mis leur musique et m’ont donné la liberté de supprimer tout ce que je ne veux pas écouter ou tout ce à quoi je ne veux pas exposer mes enfants.  Quelle tâche ardue!  Non seulement la grande majorité ne me convient pas, mais ça agresse l’âme.  Je ne me souvenais plus de l’impact que la musique non chrétienne pouvait avoir, mais j’en ai eu un vif aperçu hier, alors que je triais tout ça.  Je n’étais que plus convaincue que nous avions pris la bonne décision de ne plus en écouter.
Bref, cet article ne se veut pas un jugement de ceux qui font des choix différents des miens, mais juste une réflexion des choses qui ont un impact sur mon âme ou ma condition spirituelle.
Je termine cet article en vous laissant sur une des prières (foi et le monde) du livre « The Valley of Vision » (La vallée de la vision) d’Arthur Bennett.  Je n’ai pas trouvé le livre en français, mais je vous en traduit une page :
O Seigneur, Le monde est astucieux à nous prendre au piège, nous approche avec une apparence fascinante, étend beaucoup d’appâts dorés, présente un visage charmant.  Que ma foi scrute tous les colifichets peints et se déprenne de tous les pièges envoutants dans une victoire qui surpasse toute chose.  Dans mes obligations, donne moi stabilité, énergie, zèle, dévotion pour ta cause, courage dans ton nom, amour comme une grâce agissante et le tout proportionnel à ma confiance.  Dans chacune de mes actions, que la foi se manifeste avec puissance et que l’amour réponde avec énergie. Je pleure souvent l’absence de mon bien-aimé Seigneur, dont le sourire fait de la terre un paradis, dont la voix est la plus douce des musiques, dont la présence donne la vigueur à toutes les grâces.  Mais à cause du doute, je le garde souvent en-dehors de ma porte.  Que la foi lui ouvre la porte afin qu’il puisse demeurer avec moi pour toujours.  Sa Parole est pleine de promesses, fleurs d’un doux parfum, fruit d’une saveur rafraîchissante, lorsque cueilli par la foi.  Puis-je être fait riche de ses richesses, fait fort de sa puissance, fait heureux de sa joie, demeurant dans sa douceur, me régalant de sa préciosité, obtenant la vigueur de sa manne.  Seigneur augmente ma foi.  
2017-08-03

4 réflexions sur “L’ambiance spirituelle

  1. Très bon article! Je suis contente d’avoir été élevée dans une ambiance saine. 😀 La bible n’interdit pas ces choses, mais notre âme reconnaît ce qui l’entraîne plus vers Dieu ou plus vers la chair.

  2. C’est vrai ! tout ce qui ne nous attire pas vers Dieu nous en éloigne. J’ai aussi remarqué qu’il nous faut établir dans notre vie des moments intimes avec le Seigneur le plus souvent qu’on peut pour pouvoir rester forts dans la foi, et pour que notre âme ne s’envole pas n’importe où et picore ce qu’elle trouve.
    Merci pour ce petit moment de réflexion avec lequel je suis entièrement d’accord.
    Affection fraternelle

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