Lettre à l’autre femme

Cet article en est un plus personnel, mais dont je crois la portée pouvant être plus large.  C’est pourquoi, après avoir médité longuement devant Dieu, j’ai décidé de l’écrire ici.  Ça fait partie des étapes que je désirais faire avant de tourner définitivement une page de ma vie.  Comme ceux qui ont lu mon témoignage le savent, mon mariage a été fortement ébranlé par l’adultère de mon mari en 2014-2015.  Cela va bientôt faire 2 ans que c’est terminé et nous avons réussi à survivre à cette difficile épreuve et je suis maintenant prête à tourner la page.  Ça m’a pris 2 ans à me débarrasser de la prison du doute et de l’angoisse, mais avec la grâce de Dieu, j’y suis arrivée.  Cet article se veut donc une lettre à la femme avec qui mon mari a été en relation.  Je sais qu’elle me lit.

Bonjour à toi,

Bien que cela fait longtemps qu’on ait communiqué officiellement, je sais qu’il y a eu bien des communications non-officielles.  Je sais que tu lis mon blog et celui de mon mari, je sais que tu visites encore nos pages Facebook à l’occasion bien que tu y sois bloquée.  Et tu as raison, j’ai fait pareil.  À l’automne 2015, j’ai résisté plusieurs semaines à le faire, convaincue que c’était malsain.  Mais à la moindre variation de caractère de mon mari, je craignais que tu sois revenue dans sa vie.  C’est puissant la peur.  Je détestais avoir peur, je détestais l’angoisse profonde lorsque le doute s’installait en moi.  Mais il y avait tellement eu de revirements depuis l’automne 2014 que j’étais incapable de me raisonner.  Alors quelque part vers la fin 2015, début 2016, j’ai recommencé à épier le moindre de tes agissements publics en ligne.  J’avais conscience à un certain moment que ça en était presque maladif.  Mon mari changeait beaucoup, nous devenions heureux, mais j’avais toujours cette peur au ventre, peur de rêver ma vie, peur que ce soit une illusion.  Mais aujourd’hui, je suis rendue prête à me libérer de tout ça.  J’ai pris l’engagement devant mon mari de définitivement tourner la page à notre anniversaire de mariage dans un peu plus d’une semaine.  Je te souhaite vraiment de tourner la page également.  Je sais que tu as une nouvelle vie et que tu y es heureuse et sincèrement je m’en réjouis pour toi.  Je ne te cache pas que ça m’a aidé à guérir, mais c’est vraiment pour toi que je m’en réjouis.

Ça fait déjà un bon bout que je n’entretiens plus d’amertume à ton sujet et lorsque parfois l’amertume se repointe le nez, je l’en rechasse aussitôt, car ce n’est pas l’état dans lequel je veux vivre ma vie.  Je dirais même que par moment, en te lisant, en voyant la propre détresse que tu t’es infligée ou que tu as subie, j’ai ressenti de la compassion pour toi.  Cela peut sembler invraisemblable d’avoir de la compassion pour quelqu’un qui a faillit détruire notre vie et qui, en le faisant, a parfois eu des paroles vraiment méchantes à mon endroit, mais c’est la vérité et je n’ai d’autres explications que l’incomparable grâce de Dieu.  Dès les premiers instants, en 2014, Dieu a convaincu mon âme que le pardon était incontournable, mais ça a pris un long processus avant que mon émotif s’enligne avec la volonté de Dieu.  Je te demande pardon pour toutes les fois où j’ai eu des pensées et des paroles amères, voir haineuses, à ton endroit.  La somme des fautes que Dieu m’a pardonnée est tellement immensément supérieure à tout ce que tu as pu me faire.  Je n’ai jamais été justifiée de ne pas t’aimer comme Christ me l’a commandé.

Mais je vous dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous maltraitent.  (Luc 6, 27-28)

Je sais que tu nous as souvent accusés d’être faux, mon mari et moi, et peut-être encore ne crois-tu pas à cette lettre.  Je me suis souvent demandée pourquoi tu remettais en question notre sincérité dans notre foi, pourquoi tu persistais à croire que mon mari n’était pas l’homme qu’il était vraiment, pourquoi tu croyais qu’il était quelque part un être plus libre qui se forçait lui-même à une prison.  J’ai peut-être une hypothèse maintenant.  En écoutant le témoignage de Nabeel Qureshi, un ancien musulman issu de famille missionnaire musulmane mais maintenant converti à la foi chrétienne, j’ai mieux compris la religion dans laquelle tu as grandie.  Je ne prétends pas tout savoir, mais ça m’a aidé quand même à mieux comprendre.  Comme pour la plupart des religions, j’ai compris que la foi musulmane est faite de rituels et de rigoureuse piété dans le but d’espérer plaire à Dieu et gagner ses faveurs.  Mais ça demeure un dieu lointain qu’il vous faut apaiser.  Or, la foi chrétienne est tout autre.  C’est un Dieu proche et personnel, qui se révèle à ses fidèles qu’Il sait totalement indignes de Lui, mais à qui Il choisit de faire miséricorde et ainsi de révéler Sa gloire.  Aucune piété ou tentatives de perfectionnement ne sauraient influencer Dieu, c’est un don gratuit.  Le Dieu de la Bible est un Dieu proche, qui désire être en relation avec nous, qui témoigne lui-même à notre âme de sa véracité, de son amour pour nous, d’abord par sa Parole mais aussi par son Esprit.  Si Jean n’avait  suivi que des rituels religieux faits à un Dieu lointain, nous ne serions plus mariés.  Ça n’aurait pas été suffisant à le retenir.  C’est parce que Dieu est présent dans sa vie, en relation avec lui, parce qu’Il a appesanti sa main sur lui lorsqu’il s’entêtait au péché et qu’Il l’a inondé de ses grâces chaque fois qu’il s’est repenti, c’est pour ça qu’il est encore là à servir Dieu, démoli et brisé d’avoir offensé un Dieu qui l’aime tant.  Je suis au fond bien secondaire dans tout ça.  Mon mari n’est que mon époux sur cette terre, dans cette vie qui n’est que vapeur et qui passe si vite.  Son véritable mariage, tout comme le mien, est celui à venir, avec l’époux céleste.

Réjouissons-nous et soyons dans l’allégresse, et donnons-lui gloire; car les noces de l’Agneau sont venues, et son épouse s’est préparée, et il lui a été donné de se revêtir d’un fin lin, éclatant, pur. Car le fin lin, ce sont les oeuvres justes des saints.  Et l’ange me dit: Écris: Heureux ceux qui sont appelés au festin de noces de l’agneau! (Apocalypse 19, 7-9)

Je ne dis pas par là que mon mari n’a pas d’amour pour moi ou qu’il ne fait que me tolérer dans cette vie en attendant l’autre.  Je sais que ce n’est pas le cas.  Mais l’amour aussi est au fond bien secondaire.  C’est une émotion très variable, elle fleurit là où on l’entretient et elle se dégrade là où on cesse d’y mettre des soins et ce continuellement.  En toute honnêteté, à l’été 2015, je n’avais plus beaucoup d’intérêt personnel à faire fleurir mon propre jardin et je te l’aurais volontiers cédé si l’amour n’avait été que le seul critère.  Ce qui est bien plus important que l’amour, c’est l’alliance que nous avons contractée devant Dieu, il y a bientôt 20 ans.  Mon mari et moi savons tous les deux que cette alliance est la représentation terrestre du mariage céleste à venir.  De la même façon que Christ ne rejette pas son Église, même dans les jours où elle est le plus détestable, Dieu nous appelle à honorer l’alliance du mariage, à s’exercer au même amour inconditionnel et à la même patience dont Il fait preuve à notre égard et en ce faisant, à l’honorer Lui.  C’est donc la raison principale pour laquelle notre mariage à Jean et moi a survécu, nous avons choisi tous les deux d’honorer Dieu qui nous a tant aimé, en honorant l’alliance que nous avions faite.  Sans notre amour pour Dieu, rien de tout ça n’aurait tenu.  Mais Dieu, dans sa grande bonté, nous a récompensé en faisant refleurir notre mariage, nous relevant complètement de nos ruines.

Ainsi l’Éternel a pitié de Sion, Il a pitié de toutes ses ruines; Il rendra son désert semblable à un Eden, Et sa terre aride à un jardin de l’Éternel. La joie et l’allégresse se trouveront au milieu d’elle, Les actions de grâces et le chant des cantiques. (Esaïe 51, 3)

Je sais que tu as mis un terme à ton mariage et je ne te juge pas.  Je cherchais seulement à t’expliquer pourquoi Jean et moi avons choisi de poursuivre le nôtre.  Je te souhaite réellement d’être heureuse dans ta nouvelle union.  Mais par-dessus tout, je te souhaite de rencontrer Celui qui est l’essence même de l’amour, Celui qui comble pour toujours notre besoin d’être complet, Celui chez qui il n’y a aucune ombre de variation, Celui qui ne te décevra jamais, Christ.  On peut vivre toutes les expériences du monde, goûter aux mets les plus fins, faire les périples les plus fous, visiter les endroits les plus beaux, vibrer des émotions les plus belles ou les plus intenses, vivre le vie au maximum dans tout ce que le monde a à offrir, mais au final, rien de cela n’a d’importance ni ne peut satisfaire l’âme si c’est une vie sans Dieu.  Si tu ne me crois pas, je t’encourage à lire le livre d’Ecclésiastes dans la Bible, où le roi Salomon qui a eu tout ce qu’un homme peut désirer de la vie, en conclut que tout n’est que vanité et nous l’expose en détail.

J’ai vu tout ce qui se fait sous le soleil; et voici, tout est vanité et poursuite du vent. (Ecclésiastes 1, 14)

Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme? (Marc 8, 36)

L’amour de Christ est bien meilleur que ce que mon mari aurait jamais pu t’offrir.  Je sais, que quelque part, ce qui t’a séduit chez Jean, c’était Dieu qui brillait en lui.  Mais cette lumière ne pouvait coexister avec le péché et disparaissait dès qu’il s’y enfonçait davantage.  S’il avait décidé de partir avec toi, vous en auriez été tous les deux profondément malheureux.  Peut-être auriez-vous eu d’abord une période grisante, mais rapidement la partie sombre de lui n’aurait que continué de grandir et tu n’aurais que souffert autant, sinon plus, que dans ton propre mariage et lui, aurait agonisé de plus en plus sous le poids de la honte, devenant l’homme qu’il ne veut pas être.  Je le sais, il le sait et bien que tu ne me crois peut-être pas, quoique tu ais vu certains aspects de ce que je raconte, tu l’aurais vite constaté et ça c’est sans compter la désolation que chacune de nos familles auraient subie.  Je sais qu’une partie toi croit que tu aurais pu embrasser ce côté sombre et explorer les fausses promesses qu’il y avait là, mais crois-moi, ça ne dure qu’un temps avant que l’excitation ne se transforme en tourments.  Je sais qu’une partie de toi croit que tu aurais pu le guérir, l’aimer tellement, l’aimer mieux que je l’aimais et que ça l’aurait éventuellement guéri.  J’ai aussi souvent eu la naïveté de le penser et crois-moi, j’ai essayé de toutes mes forces.  Mais en faisant ainsi, j’essayais en vain de remplacer Dieu, car seul Dieu a le pouvoir de transformer les coeurs.

Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. Je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau; j’ôterai de votre corps le coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair. Je mettrai mon esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois. (Ezechiel 36, 25-27)

Mais dans le processus, Dieu voulait aussi transformer mon propre coeur qui avait tout autant besoin d’être purifié, ce coeur encore toujours si enclin à se rebeller contre Dieu si je le laisse faire, si je ne veille pas sur mon âme.

Le coeur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant: Qui peut le connaître? (Jérémie 17, 9)

Garde ton coeur plus que toute autre chose, Car de lui viennent les sources de la vie. (Proverbes 4, 23)

Ce que Dieu a fait pour Jean et pour moi, il peut aussi le faire pour toi.  Si tu viens à Lui, il peut transformer ta vie, entrer en relation avec toi, te combler d’un amour qui nourrit véritablement le coeur et donner à ta vie une vision d’éternité.

Jésus lui répondit: Quiconque boit de cette eau aura encore soif; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. (Jean 4, 13-14)

Contrairement à ce que tu sembles croire, suivre Christ n’est pas un lourd fardeau, ni quelque chose d’ennuyant, ni une façon terne de vivre sa vie, ni une condamnation volontaire à la non-liberté, ni une incapacité de rêver plus grand ou de vivre véritablement.  Il y a une joie en Christ qui est incomparable, bien au-delà de tout ce que le monde peut offrir et ce, même à-travers l’épreuve.  La paix et la joie qu’il y a en Christ n’est pas quelque chose de descriptible, je n’aurais pas les mots suffisants pour le faire même si j’essayais, c’est quelque chose qu’on expérimente et qui donne à la vie toute sa saveur.  En comparaison, tous les bonheurs du monde nous semblent bien fades une fois qu’on a goûté à la présence de Dieu.  Et on continue de rêver, de vivre la vie intensément, jouissant des bonheurs de la vie, seulement on le fait dans les paramètres que Dieu a créés, et c’est Lui qui produit en nous le bonheur de vivre selon ses desseins.  Je te souhaite vivement de goûter un jour le bonheur d’une vie en Christ.

Je vais bientôt achever cette lettre.  Je veux encore te dire que depuis un bon bout, rien de ce que j’écris publiquement ne te concerne.  J’ai le sentiment que tu as réagi parfois à certaines choses.  Par exemple, lorsque j’ai mis Proverbes 14, 1 (La femme sage bâtit sa maison et la femme insensée la renverse de ses propres mains) en phrase d’introduction sur Facebook, ce n’était que pour me rappeler à moi, chaque jour, que je désire faire les bons choix qui m’amènent à construire mon foyer plutôt qu’à le détruire, parce que je suis si prompte souvent à m’égarer dans des choses qui n’ont pas d’importance, notamment Facebook.  Rien de plus, juste un simple rappel à moi-même.  Je suis désolée que tu ais pu l’interpréter autrement.  Ça fait presque un an que je ne cherche plus à t’envoyer des messages ou à répondre aux tiens par mes écrits publiques.  D’ailleurs, je n’irai bientôt plus lire ce que tu écris.  La confiance a été rebâtie dans mon mariage.  Je désire vraiment passer à autre chose.  Je te souhaite également de pouvoir en faire autant.  Donc, peu importe ce que je pourrai écrire publiquement sur l’Internet, n’y vois pas de messages.  Sincèrement, je ne te veux que du bien.

En terminant, je tiens à te dire du plus profond de mon coeur que je te pardonne.  Je te souhaite de vivre en paix et heureuse.

Mélanie

 

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