Élever des jeunes filles de vertu

2016-07-02Notre famille aime beaucoup les livres, nous en raffolons et notre maison en est remplie.  Alors souvent, pris de bonnes intentions, nous achetons divers ouvrages qui nous semblent inspirants, qui suscitent notre attention, que nous voulons lire éventuellement.  Malheureusement le tourbillon de la vie fait que nous ne lisons jamais autant que nous le voudrions et plusieurs livres peuvent dormir des années dans nos bibliothèques avant qu’on se décide à les lire.  C’était le cas de ce livre de Stacy McDonald, acheté il y a quelques années : Raising Maidens of Virtue: A Study of Feminine Loveliness for Mothers and Daughters (Élever des jeunes filles de vertu – Une étude de la beauté féminine pour mères et filles).

Mes filles ont toujours été d’avides lectrices.  Dans les dernières années, elles sont devenues assez bilingues pour commencer à s’intéresser aux bouquins anglais qui se trouvaient dans notre maison.  C’est ainsi que Rébecca a commencé à lire ce livre et nous en parlait avec passion.  Ce fut un ouvrage très révélateur pour elle, car nous l’avons vu se transformer, comme une timide chenille qui devient un beau papillon.  Avant, elle s’habillait de façon plutôt garçon et aimait les choses de garçon.  Mais depuis, elle s’est mise à découvrir sa féminité, à porter des jupes et à se transformer en ravissante jeune femme.  Même son caractère a commencé à se transformer, à s’adoucir.  Et ce, sans même que nous intervenions.  L’auteur avait su parler à son coeur et la convaincre.   Quand elle a eu fini de le lire, elle m’a demandé si j’accepterais de le lire avec elle et peut-être avec sa soeur.  Son enthousiasme était si grand que je ne pouvais pas refuser.  Nous nous sommes donc créé un rituel familial durant lequel nous prenons le thé dans de belles petites tasses en lisant un chapitre en famille.  Même papa a décidé de participer.  C’est devenu un beau temps passé ensemble.  Nous sommes presque à la fin.  Après quoi, nous avons décidé de conserver le rituel pour lire d’autres livres en famille.

Laissez-moi vous parler davantage de ce livre.  Malheureusement, il ne semble pas exister en français.  Si vous lisez l’anglais et que vous avez des jeunes filles à la maison, je vous le suggère fortement.  En plus d’être très inspirant, c’est une lecture qui ouvre au dialogue puisqu’à la fin de chaque chapitre il y a des questions qui nous permettent d’en discuter, d’approfondir notre compréhension et de la rendre actuelle dans nos vies.

Dans l’avant-propos, Mme Jennie Chancey nous amène à réfléchir à ce qu’est réellement une jeune fille vertueuse et quelle image nous nous en faisons.  Puis elle parle d’une description que l’auteur du Cantique des Cantiques fait de sa femme, un jardin protégé, plein de fruits délicieux, de riches parfums et de fontaines d’eau. (4, 12-16).

« Le mur la protège des intrus et préserve sa beauté pour son mari – mais ce ne sont pas des murs affreux ou « restrictif ».  En effet, le jardin ne pourrait pas rester sans entraves et désarmé sans un mur.  Elle a été gardée avec amour depuis sa jeunesse, on en a pris tendrement soin et préparé pour le jardinier (que ce soit son époux dans le mariage ou le Seigneur si elle est appelée au célibat).  À la fin du Cantique des Cantiques, les hommes Shulamite demandent qu’est-ce qu’ils peuvent faire pour leur jeune soeur.  La réponse est de couvrir ses murs d’argent et de construire sa porte avec des planches de cèdre.  Ici, nous pouvons voir que c’est le travail des frères de non seulement protéger la pureté de leur soeur, mais en même temps de construire le « mur » de protection avec beauté.  La modestie féminine n’est pas austère et sans joie.  Ce n’est pas ombragé ou effrayant.  Ça n’élimine pas la féminité donnée par Dieu.  Mais plutôt, la modestie et la convenance brillent comme l’argent et scintillent comme une fontaine d’eau pure au printemps.  Mais ces vertus ne peuvent survivre seules.  Elles nécessitent de braves et combattants protecteurs – les pères et frères qui vont protéger leur pure jeunesse pendant que les mères et soeurs fidèles à Dieu la cultivent et la nourrissent.  Mais où sont partis ces braves chevaliers?  Où sont passées les pures jeunes filles qui les inspirent à l’héroïsme? Il est facile de regarder la culture qui nous entoure et de pointer du doigt en considérant la perte de vertu chez les jeunes filles.  Même de très jeunes filles se promènent habillées en « chic prostituée » avec des regards blasés, leur innocence piétinée par les médias, la culture populaire et la pression des pairs.  Nous pourrions nous demander où sont leurs pères ou à quoi leurs mères pensent pour les habiller ainsi.  Mais nous n’avons pas besoin de regarder plus loin que notre propre coeur pour voir la racine du problème. »

Mme Chancey décrit ensuite comment, depuis que le péché est entré dans le monde, nous avons cherché l’amour, l’acceptation et la beauté à la mauvaise place et ça s’est manifesté de différentes façons à-travers les époques.

« Les valeurs que nous avons chéri comme nation chrétienne – protéger l’innocent, défendre la pureté, éduquer nos fils à être des gentlemens consacrés à Dieu – ont été délaissées comme un vieux jeans démodé. (…) Stacey McDonald nous donne un merveilleux outil pour remettre en valeur, en tant que familles, les vertus de la jeune fille. (…) Le monde a désespérément besoin de voir le beau contraste qu’apporte l’évangile.  Les chrétiens ont besoin de déclarer au monde que la féminité est une merveilleuse partie de l’image de Dieu : « Dieu créa l’homme à son image : Il le créa à l’image de Dieu, Homme et femme il les créa. » (Genèse 1, 27)  Alors que notre culture dérive de plus en plus vers l’androgynie, quelle opportunité nous avons de manifester les joies de la vie de femme selon le plan de Dieu.  Nous avons besoin de jeunes filles qui chérissent leur pureté et qui désirent honorer leurs parents à-travers leur comportement, parole et habillement chastes.  Nous avons besoin de jeunes filles de caractère qui cultivent leur esprit et émotions de façon à refléter le plan de Dieu avec joie, intelligence et charme.« 

Écoute, jeune fille, vois et prête l’oreille ; oublie ton peuple et la maison de ton père.  Et le roi désirera pour lui ta beauté. Puisqu’il est ton seigneur, prosterne-toi devant lui.  La fille du roi est pleine de gloire dans l’intérieur du palais ; des tissus d’or forment son vêtement.  Elle est présentée au roi, parée de broderies ; à sa suite les vierges, ses compagnes, te sont amenées.  Elles te sont amenées avec réjouissance et allégresse ; elles entrent au palais du roi.   (Psaumes 45, 10-11, 13-15)

« Puissions-nous donner à nos filles une vision de leur jeunesse qui est aussi glorieuse et joyeuse que celle-ci!  Puissions-nous les aider à chérir leur féminité et cultiver la pieuse beauté d’un esprit calme alors que nous les préparons pour leur vie de femme. »

Les extraits ci-dessus étaient tous tirés de l’avant-propos écrit par une autre mère au foyer qui embrassait à son tour la vision que l’auteure va nous décrire dans le livre.  J’espère vous avoir donné envie d’en connaître davantage.  Je compte utiliser le contenu de ce livre pour nourrir la réflexion de certains de mes articles.  Vous aurez donc l’occasion d’en savoir plus, même si vous ne lisez pas l’anglais.  J’imagine maintenant que vous comprenez un peu mieux la surprise et la joie que j’ai eu lorsque ma fille, qui avait alors 14 ans, m’a proposé cette lecture en famille, toute enthousiaste du changement que ça avait produit en elle.  C’est un autre bel exemple de comment la grâce de Dieu opère dans nos enfants alors que parfois on n’y est absolument pour rien.

2 réflexions sur “Élever des jeunes filles de vertu

    • Merci pour le partage de cet article. Je viens de le lire et contrairement à beaucoup d’autres que j’ai lu dans le même genre, j’ai apprécié qu’il soit écrit dans un certain respect de l’autre. Cependant, je ne suis pas d’accord avec l’auteur. Je me plais à lire des ouvrages puritains, à comprendre comment se vivait la vie chrétienne à l’époque, et plus je constate leur profondeur, plus ça m’amène à considérer notre vide. Le monde change, l’église change et on doit faire attention de ne pas être influencés par ses modes. Car Dieu, lui, ne change pas. Dans Jérémie 6, 16, Dieu nous invite même à se placer sur les anciens sentiers afin de retrouver le repos de nos âmes. Cependant, je suis d’accord qu’il ne faut pas vivre dans le légalisme. Aucun des principes qu’on met dans nos vies ne nous sauvent ou ne nous met dans une position supérieure face à Dieu. C’est plutôt motivés par l’amour pour Dieu, s’appuyant sur sa grâce, que nous choisissons de modeler nos vies de telle ou telle façon. Il y a tellement de choses que j’aimerais dire sur le sujet, en réponse à la publication que vous avez cité, mais ce serait beaucoup trop long pour un commentaire, alors je vais plutôt en faire un article prochainement. J’apprécie qu’on puisse avoir des débats respectueux sur les sujets de la foi car c’est ainsi qu’on grandit. Alors merci beaucoup de m’avoir partagé quelque chose qui puisse alimenter la réflexion.

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